Pre-mortem


J’apprends de source sûre que je mourrais peut être demain, ou après demain.

J’ai mal et je geins, sans plus de courage que celui des baleines échouées par hasard sur les côtes atlantiques attendant sagement le froid de la dernière décharge.

Je pleure de la tristesse de l’injustice, qui sans doute n’existe pas, et j’enrage de ne plus pouvoir continuer ainsi à ternir de ma présence un monde de couleurs qui jamais ne déteint.
J’ai tenté de repeindre le monde en noir et gris, la couleur de l’antichambre dans laquelle peut être je finirais mes jours mais n’y suis parvenu.
Je suis la faute, le péché, je suis l’envie et la luxure, le bonheur et la mort, le ventre mou et le muscle saillant, vos sourires et vos larmes.
Je ne suis rien que l’amour de vous, votre château en Espagne, la petite dalle de marbre gravé, à gauche du mur où sèche le lierre.

Tour à tour bourreau et victime de mes actes manqués, je remets en ce soir lumineux mon corps à la science.



Au nom du saint d’esprit


Bon alors…résumons la situation: je hais Dieu, son fils hippie et le cousin incestueux le Saint esprit.
Tout d’abord, c’est incontestable, ils sont responsables de mes malheurs.
Les malheurs des autres, je m’en fous….
La séparation des spice girls ? je m’en fous…la chute du yen ? je m’en fous.
La naissance du fils de mes amis (après 6 ans d’essais infructueux) ? je m’en fous…
La mort de 400 chiliens ? je m’en fous
La tempête Xinthia ? je m’en fous
Le cancer de Philippe de Villiers ? je m’en fous
Les restos du coeur, la mort de madame Moisan (que personne ne connaît dans la mesure où je ne la connaissais pas moi-même, je l’ai simplement lu dans les petites annoces du journal le Monde), la faim dans le monde, l’anorexie de Kate moss, les relents éthyliques de Pete Doherty, la vie sexuelle de mes frères et soeurs……je m’en fous !!!
Mais alors, l’imposition de la présence des barbus dans ma vie, réelle ou inconsciente, commence à me chauffer dur…
Alors d’abord, Dieu me réveille toutes les nuits…enfin , c’est pas lui mais c’est ma mère qui revient hanter mes moments de repos bien mérités aux côtés de Jennifer (j’appelle ainsi la mère de mes enfants, ça fait américain et ça m’excite…) et comme elle est morte- pas Jennifer… ma mère - (ne dit-on pas “Dieu ait son âme”) en fait ce crétin la garde à ses côtés et me l’envoie chaque nuit dans sa robe pervenche…(pas Jennifer qui dort dans un odieux t-shirt psychédélique - ma mère vous dis-je, vous n’êtes pas très attentif !)

Eh toi là haut….pourquoi tu fais ça? tu as mauvaise conscience de me l’avoir piqué ? alors je vais vous rendre un service à tous les deux… en vous apprenant un truc fou: la nuit je dors.
ET JE VEUX PAS QU’ON ME DERANGE ! (sauf bien sûr si c’est pour me proposer des jeux provoquant après quelques minutes de petits cris festifs ou pour jouer au petit bac…j’adore le petit bac…ça me fait penser à mes élèves)
Donc résumons nous, car je diverge (jacadi a dix verges, ce qui est énorme):

Dieu: ou tu lâches ma mère de ta droite et tu fais ce qui n’a encore jamais été fait dans l’histoire de l’humanité, tu la fais revenir illlico à ma droite à moi (et en bonne santé !) ou tu conclus avec elle et vous finissez votre éternité ensemble (j’expliquerai ça à mon père, t’inquiètes pas!) mais
VOUS ME LAISSEZ DORMIR !!!

Enfin, un dernier conseil:
ma mère, elle avait une éducation un peu stricte mais elle était jolie et propre sur elle, et puis ses rares baisers étaient pour moi des moments de magie terrible…
Tu as décidé, Jupiter de seconde zone, de la ramener sur ton Olympe de pacotille…soit…J’en prends acte. Mais tu aurais bien mieux fait de t’occuper de ton fiston.
Un gars qui laisse son fils se ballader seul dans le désert pendant plusieurs mois, qui lui permet de porter des robes longues souillées par les petites morts régulières et de finir sa vie lors d’une séance SM en couches culottes, moi je dis, niveau éducation, c’est limite…

Alors vieux pervers au lieu de continuer à draguer ma mère et de me l’envoyer toutes les nuits pour te donner bonne conscience…tu t’occupes de ton rejeton, tu lui apprends les bonnes manières, à changer de robe tous les jours et puis tu me laisses en paix…

Sinon, il fait beau, demain j’ai 40 ans…et… je m’en fous



Vos humeurs


Et si demain je revenais vers vous ? comme au début, avec les mêmes belles angoisses et les mêmes doigts hésitants ?
Et si demain, nous décidions d’aller à l’encontre des évidences ?
Et si demain je brisais votre assurance?
Et si demain je cessais de rêver à vos reins pour y plonger mes larmes et mes sourires?
Et si cette nuit j’oubliais le “tu” pour poser mes lèvres sur les vôtres les yeux grands ouverts ?

Les petites morts ne me plaisent pas, je suis trop vieux pour cela.
Entrer dans la grande vie. De nouveau. Et me délecter de vos humeurs, cajoler vos doutes et souffler sur vos yeux.
Partir pour Varsovie, danser à Salamanque et fleurir les tombes d’inconnus à Prague.
Chanter à Bruges, s’empêcher de rire à Athènes et revoir la vieille tante à Brighton.

Se libérer du poids des convenances. Comme avant. Pour toujours sentir l’élan de l’interdit.



Au début de l’Hiver


Il n’y a plus aucunes fleurs nivéales dans le jardin.
Le vent des dernières nuits les a déchirées.
J’ai ramassé un par un les pétales éparpillés sur la pelouse terreuse et les ai mis dans un bocal.
Un givre léger s’est diffusé sur les parois de verre. C’était sans doute leur dernier souffle.

Il n’y a plus de fleurs dans le jardin. Et mon coeur, ne rêvant plus que de nouvelles aurores, cristallise dans le bocal givré de mes poumons.



Toujours X- Love


J’aime à me souvenir des premières fois.
Des premiers mots échangés.
Des hésitations, des doutes, de l’esprit qui surchauffe de ne pas vouloir croire en l’impossible.
Tu aimais Martin Gray, je racontais les camps.
Tu aimais Yann Tiersen et les chansons réalistes, j’aimais Amélie et les atmosphères cotonneuses d’une pop évanescente.
Hier, j’ai relu tous les mots de toi.
J’ai aimé ton écriture, je te le disais souvent car les boucles et les déliés me faisaient penser à ta main sur le papier et sur mon dos.Nos amours. Nos jardins. Nos whiskys. Archive sépia.
Tu me racontais tes plages et tes soleils, ton manque et tes rêves.
J’ai encore vu ton sourire et tes yeux, encore une fois…pour toujours.
J’ai écouté ce disque de toi, ai repensé à cette cassette que je ne reverrai pas, à nos regards en bleu et rouge du joli moi de Mai et à nos sourires insolents que les autres ne comprenaient pas.
Tu es ma photo préférée.



Alan is silently coming back (and I’m crying)


Pour nous (les initiés) c’est juste énorme…Pour les autres, tant pis pour vous…

Merci ma holy devoted Claire. Forever LOVE

Et c’est !

Ou !



Blue is the colour


Non en fait, je peux pas me passer de cette version….le bleu me manque trop….bon , c’était un essai…et puis je changerai peut être une autre fois…on verra…
Bonnes vacances à tous mes lecteurs occasionnels…
Je reste connecté pendant les vacances.
Peut être m’arrivera t-il des choses que je raconterai ici…J’en doute mais qui sait ?



Nocturnes


il est 1h06. Je pars. Plus envie de travailler. Pas encore envie de dormir. Retrouver mon univers secret. Comme avant.
Mon chat roux me regarde fixement. Je m’assois quelques instants sur les marches de pierre et lui parle doucement.
“Te souviens-tu de tout ? Te souviens -tu de nous ? nous avons grandi ensemble. 15 ans de vie commune… Tu m’as vu rentré tard et pas toujours debout, tu m’as vu pleureur quand elle est partie et tu m’as vu faire l’amour, beaucoup trop souvent”.

L’absurdité de ce dialogue me fait sourire. Tu n’es qu’un chat mais le seul à tout savoir.

Le noir sur ma peau et dans mes yeux, j’entreprends mon voyage. Voyage de courte haleine. Je serais revenu bientôt.
Première rue à droite, puis remontée le long du couvent, le bruit métallique du ruisseau comme seule musique, je chante ou plutôt je sussure les dernières mesures d’un tube potentiel.
Les maisons s’éloignent, auréolées de leurs tristes lumières oranges et bientôt je ne vois même plus mon corps; mes jambes puis mes bras disparaissent. Je n’ai plus de mains.
Dernières pulsations du village et entrée dans la nuit. Silence.
Je n’entends plus que mes pas sur le bitume. Repères auditifs d’un homme qui s’éloigne.
Je marche au milieu de cette départementale. Je ne lis plus le nom des lieux-dits. Je commence à me perdre.
La nuit tous les arbres sont gris et je marche au milieu de couleurs froides.
Le blanc des étoiles, le noir qui m’entoure et m’enveloppe, et ces arbres gris, instruments à vents qui frémissent au passage d’Eole égaré.
En prenant le chemin de droite, je perds le son de mes pas et m’enfonce dans la forêt.
River in Wonderland ?
La terre visqueuse s’insère dans les crampons de mes chaussures et au claquement des semelles sur l’asphalte a succédé un bruit de succion étrange. Je suis comme aspiré par le sol. Je ne peux plus avancer. Je m’arrête, et m’extrayant de cette boue, je m’assois sur un rondin fraîchement coupé, l’odeur m’en est témoin.
Au loin, je n’entends plus que l’aboiement terrifiant d’un chien qui s’étrangle. Le village dort.
Combien font l’amour ? Combien pleurent ? Combien écoutent une musique sacrée au fond de leurs lits blancs ?
J’allume une cigarette. Et j’écoute. Et je pense à eux, à elle, à lui, à vous, à toi, à ceux que j’aime, mon monde, passé ou présent, et à ceux qui me déteste, mes anges noirs, et je me dis que j’ai de la chance.
Tant de gens à rendre heureux, tant de gens qui voudraient me détruire, autant de beaux et de médiocres, et je les aime tous aussi fort.
L’amour comme la haine crée chez moi un sentiment équivalent.
Jouissance de l’esprit, déflagration des sens. La haine est la forme la plus subtile de la violence. La haine blesse celui qui hait, et non le haï.

Les retours d’errance sont toujours les plus pénibles. Je me lève sans plus de notion du temps et décide de me mettre à courir le plus vite possible au travers du dédale de ces chemins fangeux.

Combien de temps pourrais je tenir en courant au maximum de mes forces ?

Je veux éprouver le feu dans mes muscles, je veux sentir le souffle court , insupportable, qui fait cracher et jurer, je veux tomber et ressentir le “retour à la normale”, le coeur qui s’apaise, l’eau qui se cristallise dans les cheveux.
Alors, je cours, encore, encore , encore un peu…et je m’écroule à quelques mètres des lumières oranges. La cloche de l’église sonne la demi-heure…
Je passe devant le café des sports. Le chien vert sous les néons ne me remarque pas.
Un peu plus loin, une voiture se gare.Le boulanger arrive au travail. Il s’étonne de me voir là.

Et dans trois heures tout au plus , Adolf Hitler continuera à envahir l’Autriche…



If wishes were horses


Envie de dormir au milieu des nuages noirs de la désolation
Sentir sur mes joues grises les pluies acides des solitudes
Enfin fermer les yeux pour un peu de quiétude.

Retrouver la position foetale et pouvoir soupirer
Entendre la musique des anges et ta voix qui me berce
Ne plus penser et réfléchir, être calme.

Dire pardon et me réveiller, habillé de noir comme avant
La veste froissée et le regard aiguisé
Me taire et ne plus sentir le poids des amours perdus d’avance.

Etre animal, instinct de conservation
Ecouter la ville me dire que tout n’est pas de ma faute
Sourire et tenir ta main, sans bruits.



Summer’s nearly over


Une fois encore prendre ta bouche et lui dire du bout de la langue les désirs lascifs, les mots secrets qui ne seraient qu’à nous.
Puis voir s’éloigner tes reins, fermer les iris, brûlants du sel de la séparation, et laisser tomber sur mes épaules les feuilles d’automne en attendant la Mort.

Pour toujours, un symbole:

Next Page »

Mirrors in bedrooms is proudly powered by WordPress and themed by Mukkamu