Un verre à la main…le 3e ou peut être le 4e…pour faire semblant d’être heureux et oublier artificiellement les maux de ventre et les démons qui hurlent dans mon crâne.
Sa tête posée sur mes cuisses. Mon petit homme aime quand je lui caresse doucement les cheveux en allant dans le sens inverse de l’implantation.
Mon grand a la tête dans les mains. Il est devant la cheminée. Son ombre danse. Je ne vois que le dos de son pyjama rayé un peu trop petit pour lui. Il est si grand maintenant. Il parle de son école et du maître qui l’a fait pleurer hier parce qu’il ne se souvenait plus du conditionnel du verbe acquérir.
Ma grande serre contre elle le gros coussin vert du canapé du salon. Elle me regarde et dit des choses gentilles à son frère. Elle sourit.
A. a un verre à la main, l’autre dans la mienne. Elle regarde la scène, la tête légèrement penchée sur le côté.
Et si le temps s’arrêtait maintenant ?
Here in this gloomy room
Without a painting or a sculpture,
Unconfessed desires, improbable affairs
Collide and intertwine as glasses clink
And hot air swirls and swirls.
We check each other out
And strike our poses,
Laughing and crying at third-rate tales
Of dull lives lived in a vapid world.
Voices like heavy peals of bells
Ring out but don’t ring true,
And I just wait for you to look my way,
To tempt me with your charms then kill me with a phrase.
Three women – or is that six, or two? –
Parading for me, laying their feminine words
Like sweet, soft hands on my skin,
But only you – wonderful silent one –
Are singing your mute song inside my head.
Like some eternal letter B, I’m second
On the heart’s list, every time – I don’t know why.
And yet I wallow in my given role,
Not blaming those who come in first… But I will see them damned.
Pardonnez moi de vous importuner avec mes problèmes mais peut être serez vous dans mon cas un jour prochain. Je suis atteinte d’un cancer incurable doublé d’une hépatite C et d’un herpès bucco-génital qui m’empêche de parler correctement. Peut être que vous aussi un jour vous aurez à faire face à ce drame de la vie. Car cela peut nous arriver à tous. Mais je sais que vous avez un grand coeur et que vous pouvez m’aider. J’ai trouvé votre mail de façon fortuite alors que je parcourais le Net à la recherche d’une solution pour soigner ma dysenterie et je me suis dis qu’avec l’aide de Jésus Christ et de votre aide, je pourrais peut être entrouvrir la fenêtre d’une guérison. Atteinte d’une mycose depuis l’âge de six ans, âge où ma mère a commencé à me faire découvrir les plaisirs coupables et que mon père m’a fourni les diverses substances nécessaires à la découverte d’horizons impurs mais tellement régénérateurs, je cherche le réconfort auprès de personnes de confiance. A la lecture des différents articles sur vous et votre carrière sur Internet, je sais que vous êtes l’une des personnes que Dieu a choisi pour guider les hommes vers le chemin de la rédemption et de la guérison. C’est la raison pour laquelle je vous demande aujourd’hui votre aide. Ne soyez pas méfiant, ma séropositivité, ma leucémie et ma coqueluche ne doivent pas vous inquiéter outre mesure, je pense pouvoir guérir assez vite grâce à votre don. Déjà, Microsoft, Apple et d’autres entreprises américaines très connues ont déjà versés des sommes importantes pour que je puisse guérir et je sais votre importance dans le monde de la culture et des médias, de l’enseignement et des relations humaines pour être certaine de votre soutien.
Ceci n’est pas un message facile à écrire et ce n’est pas l’un des nombreux messages que l’on peut recevoir et dont on se méfie comme d’un Spam…..envoyez moi donc un chèque du montant que vous désirez (Mme.G de Besançon m’a déjà envoyé 23000 euros). Je vous remercie à l’avance de votre aide et de votre soutien. Je prierai pour vous.
Tout ceux qui ont renvoyé ce message avec une somme d’argent conséquente ont vu leur vie changer rapidement. Pourquoi pas vous ?
Comment puis je détruire, annihiler enfin ce qui tanne mon cuir, la paume de mes mains ?
Endormir dans un souffle les promesses de mort que m’apportent les lendemains ?
Ils sont là, tous les quatre, pour toujours et à jamais.
Envie de dire pardon et m’abaisser à donner mon âme au diable qui pleure derrière les volets verts.
Je ne voulais pas, je ne veux plus.
Et j’écoute cette chanson d’automne qui claque au revers de mes cheveux.
Riez et parlez, mangez et dormez, enfants baptisés, mariés de l’an 0, révérends des consciences, amis du passé, bricoleurs du dimanche et futurs perdants.
Être debout, encore, envers et contre vous.
De nouvelles photographies sont disponibles dans différentes rubriques.
Je rattrape le retard des derniers mois.
La solitude vendéenne ne peut être palliée que par l’occupation de l’esprit.
Ce fut un jour comme les autres, dans le Sud de la France, où des chemins de terre ocres sillonnaient des champs de blé cuits sous la lumière orange d’une fin de jour.
L’homme venu là, par souci de silence, ne semblait cependant pas goûter à la puissance du lieu.
Il caressait lentement ces bras faibles et contemplait le miroir de ces ecchymoses, tâches rougeoyantes, ondulantes sous sa peau comme autant de médailles sur le corps d’un soldat mourant.
Au détour d’une venelle, pris d’une fatigue saine de forçat usé, il tomba assis le long d’un mur de pierre.
Des odeurs de sureaux et d’orties fanées rendaient à ce lieu sans nom l’hommage sublime des sens éveillés.
A quelques mètres de lui, en contre jour, à quelques pieds, était une princesse des mille et deux journées qui ne semblait ni le voir ni totalement l’ignorer.
Il la vit ainsi dansant pieds nus sous les charmes et son coeur, nourri d’un sang rare, vomit encore une fois les doutes les plus âpres.
Elle dansait et virevoltait, légère et insouciante, sans se soucier du trouble, qu’à renfort de sourires, elle jetait sur l’homme nu figé là, sur le mur froid tout couvert d’agapanthes.
Son ventre plat était le terrain de jeux de ses mains aux phalanges sans fins et son cou altier se brisait serein au rythme des vents qui soufflait agile dans ses cheveux noirs.
Au bout d’un long moment, elle accouru vers lui et offrit sa bouche aux odeurs de lavande.
Il se leva alors et entonna serein le chant du condamné, lente mélodie aux rythmes saccadés.
Elle l’écouta un peu, s’assombrit pas à pas et partit en courant quand il lui dit “et maintenant” ?
“Je conserve une vaste capacité à souffrir de la déliquescence de ceux que je connais.[...]
Supporter le discours des biens-pensants n’est déjà pas facile mais cela devient intolérable quand on découvre l’ampleur de la haine dissimulée derrière ce catéchisme”
Les choses trop belles doivent être dites tout bas parce que la beauté est toujours un secret.
Il y avait la pluie, la fureur et le fracas mais il y avait les rues, l’odeur et puis tes bras
Coulant comme du sang tes artères parcourues
Par de puissants moteurs aux klaxons inconnus
Mêlant leurs musiques sourdes aux voix de filles de rues.
Marchant comme une ombre le long des voies obscènes, j’ai vu au loin descendre le cours de la Seine.
Et j’ai caché mes yeux, affolés de lumière,
Derrière des cheveux, d’ambre et de lumière,
ne rêvant dès alors que de me protéger des néons trop criards de boudoirs ouverts.
L’odeur des corps du métropolitain, les doigts frôlés à peine quand on descend du train
Et la vision enfin d’un abri éphémère, refuge pour un soir de mon amour vaincu.
Je saurais me souvenir pour demain et encore des nourritures persanes du corps et de l’esprit,
de l’ange de la Bastille qui sourit sous la pluie.
Et des gays inconnus, francs bourgeois partisans qui quittent le marais trop humide et trop froid,
j’ai voulu regarder la parade nocturne.
Trop voyeur sans doute, j’ai mis fin aux élans de garçons aux yeux tristes qui traînent en soupirant
leurs fatigues et leurs doutes tout en chantonnant un air d’Indie pop des années 2010.
C’est l’été et je chante d’une voix bien trop claire les promesses impies, les histoires impures.
Souviens toi de tout comme je cacherai encore que je t’aime Paris
Mais sache enfin amour que je ne pourrais jamais rester
Dans ton ventre si trouble aux matins qui se donnent
Car mon amour pour toi est bien trop adultère et que ma ville à moi est sûre de ma foi.
Dormir et s’éveiller, tourner et retourner dans le lit-camisole, pris des fièvres et des transes, j’ai tant appris des sorcières de la nuit.
Elles m’ont emprisonnées sous leurs ailes noires, capelines de taffetas légères sur mon dos nu.
Nous avons volés au dessus des villes endormies, des chemins de traverse, par delà de petites maisons sans charmes où dormaient les bienheureux.
Elles riaient et riaient tant, hurlement lancinant, mélopée immonde aux sons de crécelles.
Quand de leurs mains rêches où coule des rivières de sang froid elles ont touchés ma joue et poser sur ma bouche leurs salives infectes, mes yeux se sont ouverts et j’ai vu. J’ai vu et j’ai compris.
J’ai vu leurs masques de haine fondre dans mes sourires.
J’ai compris qu’aucune de leurs incantations, qu’aucuns de leurs gestes abjects n’avaient en fait sur moi l’effet attendu.
Et j’ai ri, j’ai ri si longtemps que j’ai dû troubler leurs sombres desseins. Elles m’ont lâché dans un souffle assourdissant de flûtes stridentes et de cors anglais.
Et parce que la vie m’a donné un peu de goût pour les choses écrites, et parce que ma mère, qui me voit et me parle encore ces nuits dont je n’ai plus peur, m’a donné dans son dernier souffle le sens du mot bonheur, je veux continuer à rêver, à sourire, à envoyer ma voix très haut dans le ciel, à envoyer mes flèches et mes mots, mon amour aux êtres qui le mérite et ma haine à ceux qui ne me feront pas taire.
Des sorcières de la nuit, il ne me reste que cette estafilade juste en dessous du coeur.
Mais les cicatrices ne sont pas mortelles, elles sont apprentissages.
Tout au plus elles ont laissées dans mes veines un peu de sang froid.
Parce qu’ils me suivent dans tous les instants essentiels et que je suis religieusement leurs paroles et leurs enseignements, cette chanson est un résumé de mes 6 derniers mois.