Le briseur de peines
Dimanche 9 Décembre
20h03 (il pleut dehors)
Mademoiselle,
Je viens de vous quitter et me rends compte d’une chose qui me tue et m’exalte….
L’absence de vous diminue le sens même de médiocres passions et augmente mon amour,comme le vent éteint les bougies et allume le feu.
Mais pourquoi y a t-il dans le cœur d’une femme qui commence à aimer un immense besoin de souffrir et parfois de faire souffrir ?
Je voulais vous rassurer. Il m’apparaît aujourd’hui que je n’y parviendrais peut être pas….
Il est pourtant des moments, des instants où l’on doit s’abandonner. vous l’avez fait…pendant quelques secondes..et puis vous êtes parti….
Rien n’est petit dans l’amour. Ceux qui attendent les grandes occasions pour prouver leur tendresse ne savent pas aimer.
L’amour est fait souvent chez vous du désir de comprendre et bientôt, à force d’échecs répétés, ce désir meurt, et l’amour meurt aussi, à moins qu’il ne devienne cette affection pénible, cette fidélité, cette pitié.. Je ne veux pas qu’il en soit ainsi pour moi, pour nous….Ne m’aimez pas par pitié, ne m’aimez pas seulement pour ne plus entendre le bruit assourdissant de mes larmes….mais au moins par goût du risque….On ne tombe pas amoureux, on doit monter en amour…
Mon rôle était modeste…il n’eut été que de transcender votre vie…
Plus malheureux que tous est celui ou celle qui n’aime plus et ne peut oublier qu’il a aimé. Je suis parfois ainsi.
Il n’y a qu’une seule chose qui puisse rendre un rêve impossible, c’est la peur d’échouer.
Et pourquoi échourions nous ?
je veux vous rassurer même si je sais beaucoup de choses sur la peur, pour la ressentir souvent, trop souvent….
Je veux, je voulais, être votre briseur de peines, le pourfendeur de vos doutes.
Oui, c’est vrai je ne peux vous promettre un royaume séculier, un temps infini, une muraille d’airain n’étant qu’un chevalier sans royaume.
Je ne peux vous promettre qu’un univers, un univers tout entier, avec les étoiles et les couleurs qui vont avec….
Mais vous avez peur….peut être… Etes vous sereine ? Ne voyez vous rien venir ?
La peur est considérée comme une émotion. Pourtant, à bien des égards, elle est un instinct qui participe d’un instinct plus général, primaire, essentiel et, je dirais même volontiers, essentiel : l’instinct de survie.
En effet, chez les animaux comme chez les jeunes humains, la peur relève d’une pulsion de conservation qui consiste à se préserver des dangers en les évitant, en les fuyant.
Ainsi, je pense que la peur de l’amour est instinctive et donc universelle car l’amour est ce qui se situe en-dehors du monde appréhendé, maîtrisé et donc rassurant.
Comme la peur instinctive d’un réel inconnu, il me semble que la peur de moi entraîne chez vous des comportements étranges et qui se situe à différents niveaux, je ne sais où est le vôtre:
· l’apaisement :
l’Autre est nié dans son humanité au motif, par exemple, qu’il n’est pas du peuple élu, qu’il est un mécréant, un hérétique, un traître, un apostat, un… étranger, bref un exclu du cercle restreint d’une élite. Dés lors, apaisé, on peut maltraiter cet autre puisque étant des non-moi, il n’est pas… humain ;
· l’oubli :
les non-moi n’émargent pas aux bonnes consciences égoïstes : ils peuvent souffrir, mourir, pleurer, appeler au secours… dans la plus totale indifférence puisqu’ils n’existent pas, puisqu’ils ne sont que des ombres, des fantômes. Je pense trop souvent être ce fantôme.
·le contournement :
l’Autre est purement considéré comme inexistant. Il est d’un autre monde, d’un ailleurs perpétuellement (re)modelé au gré de besoins. Il est sans Histoire, sans réalité, sans intérêt… Il est le néant, le trou noir.
·la solution… finale :
parce qu’il gêne, dérange, importune, incommode… l’Autre est tout simplement… liquidé comme on liquide des comptes pour apurer un passif !
J’ai besoin de vous….Je dis ça mais ….je dis rien….
J’adore ce texte, il est vraiment bien, et c’est tellement !
Je suis d’accord avec vous en plus !
” Rien n’est petit dans l’amour. Ceux qui attendent les grandes occasions pour prouver leur tendresse ne savent pas aimer. ”
Gros gros bisous !
Que d’émotion dès le matin. Peut-être une question de contexte, d’environnement et de nerfs à vif mais les larmes aux yeux.
En tout cas chez moi, la peur de l’Autre me pousse à le faire souffrir, histoire qu’il finisse par disparaître de lui-même du champ de vision. Je creuse des tranchées malgré moi. Je fais un travail sur moi en ce moment pour ce point-là. S’améliorer, toujours. Pas trop non plus, ne pas devenir lisse. Merci en tout cas, voilà qui me pousse à cogiter, quelque chose à faire durant les 4 h à suivre dont je ne savais pas à quoi elles serviraient.
Beau texte… C’est dur de se surpasser des fois. Dans mon monde, c’est plutôt la peur, la peur de déplaire, de décevoir, mais aussi la peur de l’autre, de son regard, de ses pensées… et à ce moment, la gêne s’installe et je ne contrôle plus rien, je bafouille, je rougis, je regarde le sol au lieu de ses yeux et je tremble… C’est étrange c’est plus fort que soit, c’est très dur, et après on se dit “merde mais j’aurais du l’embrasser, ou lui prendre la main, j’aurais du lui montrer qu’au fond, on est pareil !”, mais rien ne sort, tout s’arrête, et c’est comme ça.
Peut-être que certains me comprendrons, qui sait ?
ah, et la chanson est superbe
L’amour doit il toujours devenir lisse et sans saveur, une habitude… Une fois passé la peur, une fois passé le frisson que reste t’il… Toujours garder cette frayeur, cette inconnue, ce mystère destructeur…”transcender votr vie”, douce utopie!
(merci :$)
Bon courage !
ahlala…
L’inconnue… ca rassure de ne pas se sentir seul face à ces sentiments de gène… la gène s’installe tellement qu’on en arrive à s’engueuler avec celui ou celle dont on a le besoin! C’est dur! ‘traverse une période pas évidente à ce sujet là… espérons que ca s’arrangera… je doute… j’ai peur… j’en souffre mais je fais avec!..
moi aussi,